Académie de La Dombes

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L'Académie de la Dombes

Au début...

L’apparition de l’homme dans le Sud-Est de la France est contemporaine des grandes glaciations alpines. Mais si, lors du recul des glaciers, des colonies de pêcheurs et de chasseurs s’installent dans les grottes ensoleillées entre Ain et Suran ou sur la rive droite de la Saône, on ne trouve pas trace d’une occupation de la Dombes centrale, les terres argileuses fraîchement déglacées devant constituer une zone marécageuse infranchissable.

A l’époque celte, s’accentue encore le contraste entre la vallée de la Saône et la côtière du Rhône richement peuplées et le plateau toujours à peu près désert.

A l’époque gallo-romaine

Les Ségusiens occupent le Beaujolais, les Allobroges l’est du Rhône, les Sélusiens et les Insubres, le Bugey et la Bresse. Les Eduens, eux, se trouvent dans le Mâconnais.

Un peuple, réparti sur les trois quarts de l’étendue du département de l’Ain, porte le nom d’Ambarre (des deux côtés de la rivière). Toutes les traces de vie ont été détruites. La preuve de son existence demeure cependant dans la présence, encore aujourd’hui, de trois localités portant le nom issu de la racine "ambarre" : Il s’agit de Ambérieu-en-Bugey, Ambérieux-en-Dombes et Ambérieux d’Azergues. D’autres localités du Département de l’Ain portent un nom de la même consonance : Ambutrix, Ambléon…

Les Ambarres assaillis par 360.000 Helvètes appellent César, empereur romain, à leur secours. Celui-ci, en 58 avant J.C., part de son camp de base de Sathonay, près de Lyon, le 7 juin, entre minuit et six heures du matin. Il traverse la Saône, entre Jassans-Riottier et Trévoux. Un gué facilite la traversée de la rivière, vers Riottier, en aval de Jassans. Les Romains exterminent l’arrière-garde des Helvètes qui était en train de passer sur l’autre rive. Un monument célèbre cet événement, à Trévoux. Ainsi s’inscrivent, dans l’histoire, la première bataille de "la guerre des Gaules" et le début d’une conquête coloniale qui place le pays tout entier et ses habitants, devenus les Gallo Romains, sous l’administration et la domination romaine.

Durant l’occupation burgonde

En 443, le général romain Aétius favorise l’installation d’une colonie barbare, les Burgondes, en Sapaudia – à l’origine du nom de Savoie – dont la mission sera de protéger la frontière ouest de l’Empire. Ce peuple dirigé par son roi Gondebaud étendra son emprise sur le Sud-Est de ce qui est la France de nos jours et connaîtra deux capitales, l’une principale à Lyon, l’autre secondaire à Genève. Il est vraisemblable que Gondebaud installa à Ambérieux-en-Dombes une "villa romaine" à titre de résidence d’été, proche d’axes importants de communication. C’est en tout cas à Ambérieux en 502 qu’il promulgua la "loi gombette", laquelle instaure le début d’une législation concernant les personnes et les biens et, en particulier, les droits successoraux. Elle réglemente les relations entre Burgondes et Gallo-Romains, hôtes bien malgré eux des premiers.

Les époques mérovingienne et carolingienne ne laissent que très peu de traces écrites ou archéologiques. En 700, un seigneur de Villars était en guerre contre le roi mérovingien Childebert III. Villars existait donc, Chalamont aussi, avant sans doute qu’il en soit fait mention au concile de Pavie en 850. Vers l’an 850, les possesseurs de Villars obtiennent de l’Empereur Charles le Chauve la souveraineté sur le pays environnant et sur ses habitants.

Le Saint Empire romain-germanique

Après le décès de Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne, le traité de Verdun signé en 843 fait éclater l’Empire de Charlemagne en trois parties attribuées à chacun de ses trois petits fils : Lothaire, Pépin et Louis le Germanique. La rive gauche de la Saône, jusqu’aux bords de la Méditerranée, est attribuée à Lothaire, formant la Lotharingie. Elle est qualifiée de "terre d’Empire". La rive droite est "terre du Royaume" et revient à Pépin. L’on peut comprendre, sans difficulté, que la distance, du siège impérial d’Aix-la-Chapelle à notre région, favorise le pouvoir de petits seigneurs locaux. Ils agissent sans lien de suzeraineté ! Leur prédominance grandit au fur et à mesure de l’accroissement de leurs possessions alors que l’Empire s’effondre.

Georges FAFOURNOUX, Académicien de la Dombes

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