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La Dombes

Caractère rural et milieu naturel, des étangs à la forêt

Vouée à une agriculture traditionnelle, la Dombes est longtemps restée peu densément peuplée par l’homme, malgré la proximité de Lyon et de Bourg-en-Bresse et la pratique d’une chasse à clientèle essentiellement urbaine. Mais à partir de la décennie 1970, la modernité agro-industrielle s’est installée en force, apportant aux Dombistes son lot de bienfaits et de contraintes, imposant en revanche à la nature un choc dont les ornithologues et les géographes ont été les premiers à constater et dénoncer les effets délétères.

Entre 1970 et 2000, le milieu rural dombiste a connu les principales évolutions suivantes :

  • une décroissance régulière et accusée du nombre d’exploitants agricoles, divisé par plus de deux dans l’intervalle considéré,
  • le maintien, voire l’augmentation de la pression, suite à la mutation et l’intensification des pratiques de culture : les surfaces cultivées, en additionnant céréales, cultures industrielles et fourrage artificiel, sont passées de 357 à 469 km², s’imposant définitivement dans le paysage en passant de 63 à 90 % de la Surface Agricole Utile (S.A.U) qui est passée de 564 à 519 km2, le milieu prairial naturel – Surfaces Toujours en Herbe (STH – en a pâtit passant de 207 à 50 km², soit de 37 à 10 % de la S.A.U. Cette rationalisation agricole a incontestablement atténué le caractère bocager de la contrée et réduit les "espaces de liberté" appréciés par la faune terrestre et aquatique,
  • la régression d’un quart depuis 1979 du nombre de bovins désormais élevés pour le lait plus que pour la viande (34 000 environ aujourd’hui),
  • la réduction très significative du cheptel ovin : le nombre de têtes a été divisé par plus de deux alors que le nombre de caprins et de porcs est resté relativement stable,
  • la progression marquée concernant la volaille dont le nombre est passé de 450 000 à 750 000 entre 1970 et 2000,
  • une augmentation légère en nombre et en surface des étangs avec des remises en eau ou un prolongement d’évolage à des fins plus synthétiques que piscicoles,
  • une stagnation de la production piscicole qui oscille, bon an mal an, entre 1500 et 2000 tonnes, avec des problèmes de natures diverses et des prix de ventes peu rémunérateurs,
  • une légère progression quantitative mais non qualitative des surfaces boisées, à dominante de chênes pédonculés et de bouleaux.

Ainsi, déjà très fortement modifiée pendant les décennies 1970 à 1980. la Dombes n’a pas infléchi sa mutation agraire et démographique dans les 15 années qui viennent de s’écouler : bien au contraire, elle a poursuivi la trajectoire engagée, déjà source de diverses perturbations. Aux phénomènes arthritiques attachés à cette évolution viennent s’ajouter des modifications climatiques dont la rapidité et l’ampleur devraient susciter l’inquiétude de l’ensemble des acteurs. Au total, de fortes incertitudes pèsent sur l’avenir de la Dombes considérée dans une perspective d’agriculture et de nature "durables".

Iris d’eau
Iris d’eau

Soumise aux contraintes organisatrices de la profondeur des plans d’eau, la végétation se répartit en ceintures plus ou moins concentriques, depuis le chenal central jusqu’aux boisements exordes peuplés par des chênes, comme en France moyenne de plaine. Dans les eaux les plus profondes, cératophylles et potamots fournissent une végétation subaquatique, nourriture appréciée des canards plongeurs et de la foulque, mais il faut atteindre la zone des associations flottantes (renoncule aquatique et potamot nageant ; châtaigne d’eau et faux-nénuphar) pour que s’installent guifettes moustacs et grèbes huppés. La roselière s’implante à la suite (roseau phragmite, scirpe lacustre, typha massette) où nichent, entre autres, héron pourpré et rousserolles.

A cette ceinture floristiquement homogène et compacte succède la zone à glycérie flottante et rubaniers, ou sparganaie, diverse et plus ouverte, qui accueille des oiseaux souvent empruntés aux zones voisines : grèbe huppé, foulque ; le grèbe à cou noir et le fuligule milouin sont plus originaux. La densité végétale redevient la règle avec la jonchaie, qui correspond à la zone de balancement des eaux, plus élevées en sortie d’hiver, plus basses en fin d’été. Cette formation est de même hauteur mais plus dense que la précédente, avec ses "touradons" (touffes) colonisées par de nombreuses espèces nichasses : canards, foulque et poule d’eau, mouette rieuse ; entre les touffes s’installent les colonies du grèbe à cou noir, l’ensemble des espèces trouvant là une sécurisation mutuelle. La diversité floristique est également élevée, colorée par l’iris d’eau et la grande lysimaque (fleurs jaunes), la grande salicaire (fleurs pourpres), le gaillet des marais ou le chanvre d’eau, plus discrets.

Les rives humides et les associations estivales transitoires ont en commun un aspect herbacé, ras et souvent ouvert, qui fait le bonheur des vinicoles, gicleurs (vanneau, echasse) ou migrateurs (bécassines, chevaliers). Les prairies riveraines, fleuries par la cardamine des prés ou l’orchis tacheté, abritent les pontes de canards de surface : chipeau, colvert, souchet, sarcelle d’été. Leur transformation en prairies temporaires ou même en surface en maïs en fait de redoutables pièges à pondeuses.

Parlons pour mémoire des surfaces monoculturales, officiellement cataloguées comme "cultures industrielles" devenues déserts faunistiques. Landes et haies ont subi les mêmes coups de boutoir que prairies et cultures, avec elles les nombreux oiseaux jadis associés dans le bocage : fauvettes grisette et babillarde, tariers pâtres et pies-grièches écorcheurs ; huppes et pigeons colombins.

Comme la jonchaie, la saulaie est une zone de transition entre eaux et terres : ses arbrisseaux présentent à la fois un système racinaire supportant l’immersion et un appareil aérien ligneux. Même ambiguïté pour l’avifaune. composée d’oiseaux aquatiques (petits hérons coloniaux) et terrestres (tourterelle des bois, hibou moyen-duc, mésange boréale). Mi-arbustive mi-arborée, l’aulnaie -frênaie n’est inondée qu’en mauvaise saison ; les passereaux terrestres s’installent en force (fauvettes à tête noire et des jardins, mésanges boréale et à longue queue, derechef tourterelle des bois). Vient enfin la chênaie, non pas la chênaie bressane moins hygrophile où le Charme accompagne le Chêne sessile, mais la chênaie à bouleaux dont le système racinaire supporte mieux le sol humide, asphyxique et froid de la Dombes. Le cortège ornithologiste est à son apogée quantitatif, et la guilde des grimpeurs s’exprime pleinement ; le pic noir a relayé les pics mar et cendré ; le pigeon ramier supplante le colombin.

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