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La Dombes

La Saône

Limite ouest de la Dombes, la Saône a un cours assez rectiligne, lent et majestueux en raison de la faible pente de son lit, de Verdun-sur-le-Doubs jusqu’à Lyon. Ses berges, peu élevées en général, bordent une zone de prairies ou de cultures maraîchères plus ou moins inondée suivant le régime des précipitations, à dominante océanique, conduisant à une situation de hautes eaux hivernales et d’étiage estival.

Ces inondations font l’originalité de la vallée de Saône ; non seulement parce que l’eau envahit les terres mais surtout parce que sa présence conditionne encore le rythme des pratiques agricoles d’aujourd’hui. Il en résulte un paysage particulier où domine la prairie aux richesses biologiques encore sauvegardées.

Une flore particulière

Qu’on en juge ! La palette de cette prairie évolue au fil des mois en fonction des périodes de floraison des différentes espèces. A partir du mois d’avril, le violet domine avec l’apparition des clochettes de la fritillaire pintade puis apparaissent dans les bas-fonds plus humides la cardamine des près et le lychnis fleurs de coucou. Le jaune est alors largement présent ; tout d’abord avec les fleurs de pissenlit et, au mois de mai et juin, avec le pigamon jaune, la renoncule âcre, l’iris faux acore et l’euphorbe des marais.
On peut alors tenter et réussir l’observation de quelques plantes rares telles l’orchis à fleurs lâches ou la délicate graciole officinale aux fleurs bleues.

Les eaux de la Saône sont le domaine de plantes aquatiques comme la stratiote faux-aloès, aux feuilles en forme d’ananas découpé, ou le wolffie sans racine, la plus petite plante à fleurs d’Europe. Le potamot ou le nénuphar, plutôt habitués des eaux stagnantes des étangs, s’enracinent dans la vase et étalent leurs feuilles à la surface de l’eau.

Une avifaune de migrateurs

Les oiseaux aussi sont très présents ici comme dans la Dombes humide de l’intérieur. Aux quatre saisons, ils se succèdent dans la prairie.

  • En hiver, on peut observer le passage de nombreux oiseaux en provenance des contrées plus nordiques. Si la plupart continuent vers le sud, restent cependant les mouettes rieuses, les corbeaux freux, les étourneaux sansonnets, les vanneaux huppés et les pluviers dorés et argentés.
  • A l’automne et au printemps, de nombreux migrateurs, canards, pilets, souchets, colverts et siffleurs séjournent dans la plaine inondée. Ils peuvent être accompagnés par les vanneaux huppés, bécassines, chevaliers combattants ou gambettes. Parfois se posent pour quelques jours des grues et des oies.

Une rivière poissonneuse

La Saône a la réputation d’être une rivière poissonneuse car elle n’est pas trop victime d’aménagements ou de pollution. Cependant, riche de trente espèces il y a cinquante ans, elle s’est appauvrie, depuis, d’une dizaine de celles-ci : aloses, lamproies, vairons – poissons roi de la célèbre friture des ginguettes des bords de Saône - et autres blageons. Il reste heureusement les excellents poissons que sont le brochet, le sandre, le gardon, l’ablette, la carpe, la tanche et l’anguille, toutes prises recherchée par les pêcheurs qu’ils soient professionnels ou amateurs mais aussi par un nouveau venu, le silure, originaire du Danube, apparu dans les années 1980. Ce redoutable carnassier d’eau douce dont la taille peut atteindre 3 à 4 mètres est toutefois apprécié des pêcheurs tant pour sa chair que pour le trophée qu’il constitue.

Une voie de communication et de loisirs

De tout temps, en raison de la faible pente de son cours, la Saône a été utilisée pour le transport fluvial de voyageurs ou de matériaux. Témoins de cette époque, les chemins de halage retrouvent de nos jours une certaine animation, transformés qu’ils sont en chemins de randonnées.

Actuellement ce sont des touristes en croisières fluviales qui vont de port en port, Trévoux et Jassans-Riottier étant leurs escales dombistes.
Ce sont aussi les amateurs de voile ou de hors-bords qui fréquentent les eaux de la Saône, certains empruntant la rivière et les canaux pour réaliser une liaison Manche-Méditerranée.

Ce sont enfin les péniches lourdement chargées – céréales, sable… - qui utilisent la Saône dont le gabarit de navigation a été adapté aux normes européennes depuis longtemps déjà.

Georges FAFOURNOUX, Académicien de la Dombes

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