Académie de La Dombes

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L'Académie de la Dombes

Les haras du département de l’Ain de1818 à 1863

Créés par Louis XIV, les haras furent supprimés en 1790. Napoléon les rétablit en 1806 et, sous l’Empire, quelques étalons arrivèrent dans notre département provenant du haras d’Annecy principalement.
Lorsque la Savoie n’est plus française à partir de 1815, la Dombes ne peut plus compter sur le haras d’Annecy. Comme pour des raisons financières, la création d’un haras national dans l’Ain est refusé, il faut se résoudre à mettre en place un haras départemental avec l’aide financière du Conseil général de l’Ain.

Encouragé le 1er juillet 1816 par le Ministre de l’intérieur, le Préfet de l’Ain, baron de Martroy, suggère au Conseil général de voter des fonds pour créer ce haras et parallèlement favorise la formation d’une commission d’étude comprenant :

  • Monsieur Gollety de la Tournelle, de Fleyriat et de Monsieur le Chevalier de Bons, de Farges, tous deux propriétaires de haras privés,
  • Monsieur le baron de Belvay, officier de cavalerie,
  • Monsieur Pochet, conseiller général. maire de Ceyzérieux,
  • Monsieur Greppo, du château du Montellier ;
  • Monsieur de la Chapelle de Ia Rouge, maire de Pérouges,
  • Monsieur Frédéric de Bachet, ancien officier de cavalerie et
  • Monsieur Garon de la Bévière, du château de Loges à Sulignat.

Cette commission présente un mémoire rédigé par le baron de Belvay. En 1818, ce rapport ayant convaincu, le Conseil général vote la somme de 20.000 F pour la création du haras départemental. Afin d’organiser et de gérer celui-ci, le Préfet, par son arrêté du 18 septembre 1818, désigne une Commission des haras composée de :

  • Monsieur Durand de Chiloup, maire de Bourg, Président du Conseil général : Président.
  • Monsieur le Baron de Belvay : Secrétaire.
  • Monsieur Chanel, de Bourg, vétérinaire
  • Quatre autres membres dont deux Conseillers généraux et deux représentants des éleveurs, tous désignés par leurs pairs.

Cette commission décide immédiatement l’achat de dix étalons et de dix juments et charge Monsieur Gollety d’aller en faite l’acquisition en Normandie. M. Gollety, non sans peine, assura cette mission durant plusieurs années. M. Chanel, vétérinaire, le remplaça quelque temps puis ce furent des courtiers qui soumissionnèrent cette fourniture annuelle.

Les propriétaires désirant étalons et juments furent invités à se faire inscrire en Préfecture ; les demandes affluèrent ; l’affectation se fit par tirage au sort. Chaque dépositaire d’étalon recevait une jument, l’un et l’autre gratuitement. Pendant six ans, chacun d’eux devait employer l’étalon à la monte de 20 à 30 juments ; la rémunération de chaque saillie était fixée à 6 F et une coupe d’avoine. Le dépositaire tenait un registre mentionnant le nom du fermier et le signalement. Au bout de 6 ans, l’étalon devenait sa propriété. Un inspecteur faisait une visite tous les trois mois.

De 1818 à 1830, l’étalon cotentin est seul utilisé comme reproducteur. De 1830 à 1845, on introduit l’étalon percheron en alternance une année sur deux, remplacé par la suite par l’anglo-normand.

L’importation des juments fut abandonnée, beaucoup étant infécondes et rétives. A partir de 1862, les étalons ne sont plus ramis gratuitement ; ils sont vendus aux enchères avec mise à prix de 500 F.

Le succès de cette entreprise fut très grand. Il est dû, avant tout, aux efforts du Conseil général qui, en 45 ans, a voté 563.400 F pour l’achat de reproducteurs et 89.900 F pour primes aux concours et aides à l’élevage. Il est dû aussi à une gestion exemplaire conduite avec compétence, méthode et rigueur financière. Le résultat en fut une régénérescence spectaculaire de notre race de chevaux abandonnée à elle-même depuis de nombreuses années et tombée au dernier degré d’épuisement et d’abâtardissement. Elle s’améliora au point refaire de notre région une des premières de France pour la production de chevaux. Dès 1830, un rapport de M Chanel faisait ressortir ce succès qui se traduisait par le nombre important de poulains aux foires de Montmerle et d’Ambérieux-en-Dombes ; dans cette dernière localité, il y eut 2.000 poulains à la foire du 6 mai 1830. Le gouvernement suivait avec intérêt ces résultats, car la France manquait de chevaux (on en imposait 18.000 par an en 1828). C’est pour se rapprocher de cette production de chevaux, dont la valeur avait été reconnue dans un rapport du colonel Lefort, que, en 1856, le dépôt de remonte militaire fut transféré de Nevers à Mâcon.

Deux étalons sont restés célèbres :

  • Zammor, anglo-normand, acheté en 1844, attribué à M. Chêne de Certine, qui laissa une production de qualité qui fit la réputation de la jumenterie de Certines.
  • Héros, stationné chez M. Chambaud, fils d’un excellent pur-sang anglais, fit la monte de 1853 à 1870, obtint un prix à un concours de Lyon. Il a laissé une production de choix et fut le meilleur étalon acheté par le haras départemental.

En 1864, le haras départemental se transforma en Société Hippique Départementale, indépendante du Conseil général, lequel cependant continua à subventionner l’élevage du cheval.

Le remarquable travail accompli pendant 45 années est à l’origine de notre élevage actuel. Poursuivi par des éleveurs qualifiés qui voulaient maintenir un produit haut de gamme, l’élevage ne s’est donc pas fondu dans la masse des produits équins courants.

Georges SAINT-CYR, Académicien de la Dombes

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