Académie de La Dombes

Blason de l'Académie de la Dombes

Vous êtes ici : Page d'accueil > La Dombes > Eau dormante, les étangs > Les travaux et les jours sur les étangs

L'Académie de la Dombes

Les travaux et les jours sur les étangs

L’eau joue un rôle fondamental en Dombes. Tour à tour maudite, convoitée ou attendue, elle est à l’origine des réseaux parfois extrêmement denses de fossés destinés à faire écouler les eaux en excès des terres et à alimenter les étangs. Il est important de souligner que ces derniers se remplissent uniquement par les eaux de ruissellement des bassins versant et par celles qui arrivent des vidanges ou des trop-pleins des étangs supérieurs. Chaque étang possède un fossé de vidange et un fossé d’arrivée d’eau. Les eaux superflues sont évacuées par l’ébie (trop-plein). Ces différents fossés communiquent très souvent entre eux et reçoivent les eaux de ruissellement des terres, formant un réseau hydrographique d’une complexité variable selon la topographie, le nombre et la taille des étangs. Les exploitants interviennent sur ce réseau en barrant ou laissant s’écouler l’eau selon qu’ils en ont besoin ou non, à l’aide de pelles ou de barrages nommés ici "batardeaux". Cette activité est souvent peu visible, elle n’en est pas moins fondamentale et renvoie à une observation permanente des niveaux d’eau, en particulier lorsqu’il y a des précipitations importantes.

"Faire un batardeau" fait appel au clavage, opération que l’on retrouve souvent en Dombes. Il s’agit de malaxer l’argile choisie soigneusement avec une certaine quantité d’eau de manière à obtenir un mélange imperméable. La terre clavée est également utilisée pour construire les digues d’étangs et combler les fuites. La surveillance des chaussées et le repérage des "ratières" (fuites) sont d’autres tâches importantes, tout comme le nettoyage régulier des grilles situées aux arrivées d’eau des étangs pour que l’eau ne soit pas arrêtée par les feuilles. Certains travaux ne sont pas indispensables, mais prônés par les exploitants les plus attentifs. Il en est ainsi du faucardage, à la fin du printemps : effectuée à l’aide d’un bateau équipé de deux paires de lames, la coupe des herbes aquatiques envahissantes stoppe leur extension. Pour améliorer la production, certains épandent des engrais dans l’eau, en bateau ou disposent du fumier en tas avant la remise en eau, à l’automne.

La terre en suspension dans l’eau se dépose peu à peu dans le bief et la pêcherie et au bout de quelques années d’évolage, il devient nécessaire de les curer pour enlever la boue qui gêne les opérations de pêche. Ces travaux s’effectuent aujourd’hui à l’aide d’un bulldozer ou d’une pelle, hier ils étaient effectués à la main.

Tous les 4 ou 5 ans environ (autrefois 3 ans) l’étang provisoirement asséché est cultivé au même titre qu’une terre avec quelques soins particuliers : ainsi les travaux d’assainissement préalables pour faire égoutter l’étang sont plus importants que dans une terre ; une fois ressuyé, le sol d’étang doit "être pris à temps" car il sèche plus rapidement qu’une terre ordinaire. Le labour en planches (technique très complexe de travail du sol, autrefois pratiqué pour toutes les céréales en Dombes) est encore souvent réalisé lorsqu’on sème de l’avoine. La culture d’assec, liée à de nombreuses contraintes sociales et techniques, est rarement rentable aujourd’hui et certains étangs sont simplement "retournés" et laissés "à soleil".

Espace privé - Contact - Plan du site - Mentions légales et crédits - Réalisation aglca multimédia