Académie de La Dombes

Blason de l'Académie de la Dombes

Vous êtes ici : Page d'accueil > La Dombes > Son histoire > La Principauté de Dombes

La Dombes

La Principauté à travers ses souverains

Les sires de Beaujeu

Humbert Ier (premier souverain de Dombes)

Grâce à ses faits d’armes, le Sire de Baugé fait alliance avec lui pour combattre les comtes de Savoie devenant de plus en plus puissant.
En 1218, Humbert épouse Marguerite de Baugé qui lui apporte la seigneurie de Miribel et la Dombes.
Il engage de nombreux conflits armés contre les comtes de Forez. Guy IV met fin à ces guerres.
Son fils Renaud épouse Isabeau, fille d’Humbert.
A plusieurs reprises il porte secours aux armées du roi de France, Louis VIII. Au décès de ce dernier, il soutient, avec vigueur, le parti et les intérêts de Saint Louis (Louis IX). Ceci lui vaut d’être promu connétable de France. ll accompagne le roi, lors de la croisade de 1248. Il meurt en Palestine, en 1250.

Guichard Ier

Fils d’Humbert Ier. Il consacre sa vie au service du roi Saint Louis. Il se distingue sur tous les champs de batailles. Le roi de France le fait connétable de France. Il épouse Blanche de Châlons. Il décède sans descendant, en 1265.

Renaud

Beau-frère de Guichard et époux d’Isabeau de Beaujeu, il hérite de toutes les terres de cette Maison. Plusieurs enfants sont nés de cette union. Durant sa souveraineté, il lutte contre les comtes de Savoie qui accroissent leur puissance et se font redoutables à l’égard des circonvoisins.

Louis Ier

Fils de Renaud, il connaît dès le début de sa souveraineté des conflits avec Henry de Varax. Il faut l’intervention de Philippe, comte de Savoie, à Bourg-en-Brese, pour voir la paix s’installer. Les archevêques de Lyon lui font la guerre. Pour enrayer les appétences des épiscopes belliqueux, il fait appel à l’un de ses sujets. Ainsi, Guy Chabeu, de "Saint Trivier en Dombes", fait construire le château de Beauregard pour leur faire barrage. En 1286, Louis Ier, son épouse, Eléonor de Savoie et Amé, comte de Savoie accompagné de son épouse, Sybille de Baugé, se réunissent dans la grande salle du château de "Saint Trivier en Dombes". Là, ils transigent jusqu’à amoindrir les prétentions d’Eléonor sur les biens de Béatrix de Fièsque, sa mère, et de Boniface de Savoie, son frère.
Louis Ier rend de nombreux services au royaume de France. En reconnaissance, le roi le fait Connétable de France. Il meurt à Beaujeu, en 1295, sans postérité.

Guichard II le Grand

Frère de Louis 1er, homme d’armes valeureux, il est porté en haute estime par cinq Rois de France : Philippe le bel, Louis le Hutin, Philippe le Long, Charles le Bel et Philippe de Valois. A la bataille de Mont-Cassel, Guichard combat Guigues V, dauphin du Viennois. Il joint ses troupes, lors de la bataille de Varey, en Bugey, à celles du comte de Savoie. Ce dernier est défait. Le Sire de Beaujeu est fait prisonnier. Pour sa libération, il cède ses seigneuries de Miribel et les châteaux et les seigneuries de Meximieux et de Bourg Saint Christophe, ainsi que des droits concernant Villars, Loyes. Malheureusement, des services rendus aux comtes de Savoie, il n’a jamais été récompensé.

Edouard Ier : de 1316 à 1351

Il s’attache au service du roi de France, comme l’ont fait ses prédécesseurs. Il reçoit le bâton de maréchal de France, des mains de Philippe de Valois, après la bataille de Crécy. Les démêlés, entre Amé V de Savoie et lui, se terminent par un traité. Edouard exécute, en 1337, celui signé par son père Guichard le Grand et le comte de Savoie. Ainsi, il entre en possession de Coligny, de Buenc en Bresse. Edouard est tué lors d’une bataille contre les Anglais, près d’Ardres. Il est l’époux de Marie, fille du seigneur de Thill dont il a un fils, Antoine.

Antoine : de 1351 à 1374

Il est le fils d’Edouard Ier. Il s’attire l’admiration de tout le monde par sa valeur et sa bonne mine, disent les chroniqueurs de l’époque. Le comte de Savoie, dit le comte Vert le fait chevalier de l’Ordre de Savoie. A la bataille de Cocherel, il est avec Bertrand du Guesclin contre les "Anglois et les Navarrois". Ces derniers sont défaits. Antoine meurt à Montpellier, en 1374, à son retour d’Espagne où il avait participé à la conquête de la Castille pour Louis le Bâtard. De son union avec Jeanne de Chalons, il n’a point d‘enfant. Durant sa souveraineté, la Dombes jouit de la paix et de la tranquillité.

Edouard II : de 1374 à 1402, cousin germain d’Antoine

Les guerres du Levant ont pris fin. Le comte de Savoie revient à son idée fixe, l’annexion de la Dombes. Et il se fait de plus en plus entreprenant. Il faut à Edouard le concours du roi Charles VI, des ducs de Bourgogne et des Bourbon pour ne pas être dépouillé. A plusieurs reprises, cette coalition doit faire face au déploiement d’énergie du comte de Savoie. A la mort de ce dernier, Edouard et la Dombes vivent dans le calme, enfin retrouvé. Le sire de Beaujeu se délecte dans les plaisirs. Il s’éprend de la fille d’un bourgeois de Villefranche et l’enlève. Le père, pour récupérer sa fille, envoie un huissier. Edouard accueille l’auxiliaire de justice en son château de Perreux. Pris d’une folle colère, Edouard oblige l’huissier à mâcher les documents officiels et à avaler les sceaux et le défenestre. A la suite de quoi, la Justice pèse sur lui de tout son poids. Il est conduit dans les geôles parisiennes. Il fait intervenir le duc de Bourbon qui obtient sa libération. En récompense, Edouard fait donation de ses biens à Louis II de Bourbon.
Comme, par ailleurs, en 1402 Humbert VII de Thoire-Villars, sans descendance, vend ses châtellenies dombistes au duc de Bourbon, la Principauté de Dombes occupe alors son territoire définitif, sous la férule des Bourbon, princes souverains de Dombes :

Les ducs de Bourbons, Princes de Dombes

Louis II : gouverne de 1402 à 1410

Il est fils de Pierre Ier de Bourbon, petit-fils de Robert de Clermont et arrière-petit-fils de saint Louis.

A la conclusion du traité de Brétigny, en 1360, signé par le roi de France, Jean et le roi d’Angleterre, Edouard III, Louis sert d’otage. Durant cette période, il va à Rome exercer une mission pour Edouard III. Ce dernier, en reconnaissance, réduit le montant de la rançon et lui rend sa liberté. S’étant dégagé de toute obligation à l’égard du roi de France, il se retire en sa ville de Moulins. Là, sa bonté sa générosité et son esprit de justice s’offrent à tous. Cependant, d’un seul devoir il ne peut se dégager : servir le Roi pour assurer la sécurité du royaume. Louis est appelé à combattre les Anglais. Pendant la minorité du roi, il est nommé tuteur de Charles VI, son neveu. Il retrouve la quiétude bourbonnaise et s’adonne à la piété. Il doit cependant repousser plusieurs assauts de la Maison de Savoie et malgré les jérémiades et les récriminations du Duc de Savoie, Louis frappe monnaie, à Trévoux.

Jean Ier : fils de Louis II, gouverne de 1410 à 1433

Il est, comme ses aïeux, attaché à servir le roi de France. Comme son père, il est épris de justice. Il participe avec Charles VI au siège de Compiègne et d’Arras. A la bataille d’Azincourt, il est fait prisonnier et conduit en Angleterre. Il y reste 19 ans et y meurt. Pendant ce temps, le duc de Savoie tente de profiter de l’occasion pour étendre son pouvoir. Il envoie le seigneur de Varambon, en Dombes. Ce dernier pille, brûle, tue, mutile… A Trévoux, les juifs sont rançonnés. On leur coupe la langue et une oreille. La duchesse de Bourbon, Marie de Berry, épouse de Jean, se plaint auprès du duc de Savoie. Ce dernier, au comble de l’hypocrisie, désavoue Varambon et le contraint à dédommager la Dombes et les Dombistes. Son château est rasé.

Charles Ier : fils de Jean Ier, gouverne de 1433 à 1456

Dès son plus jeune âge, il est estimé de tous. Il participe à la bataille de Baugé en Anjou et défait les Anglais. Il fait face aux assauts guerriers du duc de Bourgogne. Il défend ses droits de souveraineté et de monnayage devant les plaintes formulées par le duc de Savoie. Des assemblées se tiennent à "Saint-Trivier-en-Dombes" et Mâcon. Il engage le royal dauphin à quitter la Cour qui devient incertaine pour sa sécurité et l’emmène sur ses terres de Bourbonnais. Il meurt en son château de Moulins.

Jean II : fils de Charles Ier, gouverne de 1456 à 1482

Il est qualifié de "fléau des Anglais". En 1450, lors de la bataille de Fourmigny, en Normandie, il taille en pièces l’armée anglaise de 5. 000 hommes et fait 1. 400 prisonniers. Après ce glorieux fait d’armes, il est fait chevalier. En 1453, il participe à la prise Caen et de Cherbourg. En Guyenne, à deux reprises, il chasse les Anglais. Son prestige se ternit lorsqu’il jette les fondements de la Ligue du Bien Public contre le roi, avec le duc de Bourgogne. Cependant, habile, il rend de nombreux services à Louis XI, avec tant de gloire et d’honneur que le roi lui donne le gouvernement du Languedoc. Et Charles VIII le fait Connétable de France. Jean doit faire face à plusieurs différends avec les ducs de Savoie. Et chaque fois Louis XI s’interpose. Lors du dernier, une trêve, seulement, est obtenue. Bien que trois fois marié, il n’a pas de descendant. Il s’éteint en son château de Moulins.

Pierre II : frère de Jean II, gouverne de 1482 à 1503

Evoquer ce souverain sans associer son épouse, Anne de Beaujeu et son beau-père, Louis XI constituerait un manquement à la vérité historique.

Il recueille les immenses successions de ses frères, Jean et Charles, le cardinal. En 1473, le roi Louis XI lui donne, en mariage, sa fille Anne de France, son enfant chéri. Le contrat de mariage stipule qu’en cas de décès de Pierre, sans postérité, ses biens reviendraient à la couronne de France. Les limites de la Bresse et de la Dombes sont contestées par le duc de Savoie. Pour y mettre un terme, Pierre dépêche deux émissaires auprès des avocats, procureurs et trésoriers de Dombes. Ce petit monde et son pendant savoyard, en 1489, signe un accord. Le souverain de Dombes se fait apprécier de Louis XI. Le roi recherche les conseils éclairés et de son gendre et de sa fille. Anne de France, de Beaujeu, de Bourbon gère les biens de son époux qui se trouve toujours auprès du roi. Se sentant mourir, Louis XI nomme Pierre régent du royaume, durant la minorité du futur Charles VIII. Ce denier, une fois sur le trône, accorde pleine confiance à Pierre. La clause de retour à la Couronne de France des possessions du souverain de Dombes, en cas de décès sans postérité, est abrogée. Pierre, durant le règne de Charles VIII, lorsque ce dernier part à la conquête du royaume de Naples, est nommé représentant de la personne du roi, dans tout le royaume. Pierre meurt dans son château de Moulins.
L’épouse du souverain de Dombes, Anne de France, de Bourbon, de Beaujeu a élevé Charles VIII son frère, en même temps que sa cousine Louise de Savoie et Charles de Bourbon, son futur gendre. Des trois enfants, Louise est la moins favorisée. Anne la rabroue, la rabaisse, sans cesse. Louise a la rancune tenace ! A noter enfin qu’Anne de Beaujeu, par son esprit aiguisé et par sa clairvoyance éclairée permet à la société française d’alors de passer du Moyen-Age à la Renaissance, sans trop de difficulté. Elle est à l’origine de la transformation du Pouvoir Seigneurial en Pouvoir Parlementaire.

Suzanne : fille de Pierre II, gouverne de 1503 à 1521

Elle succède tant bien que mal à son père. Sa santé est fragile. Heureusement, sa mère Anne de Beaujeu l’épaule et la conseille. Suzanne épouse Charles III de Bourbon-Montpensier qui est tout l’inverse, beau, grand et solide. Charles est trop souvent, au gré de la princesse, sur les champs de batailles. Elle donne naissance à un garçon qui ne vit que deux ans et à deux jumeaux, morts peu après la naissance. Elle ne se remet pas de ses couches et décède en 1521.

Les ducs de Bourbon-Montpensier

Charles III : fils de Gilbert de Bourbon-Montpensier, époux de Suzanne, gouverne de 1521 à 1523
Charles de Bourbon, prince souverain de Dombes, est plus connu sous l’appellation de Connétable de Bourbon. Il est cousin de François Ier, roi de France. Le souverain de Dombes acquiert son prestige par des faits d’armes, au sein de l’armée royale. Il se distingue par sa bravoure, à la bataille de Marignan et à celle de Naples. Pour ses exploits guerriers, le roi de France le fait Connétable de France.

Episode de la "trahison" du connétable et mise sous séquestre de la Principauté

Mais lors de la bataille de Pavie, il fait prisonnier François Ier, son royal cousin,. La principauté est l’objet de convoitises nombreuses, de la part du roi de France et des ducs de Savoie. François Ier est appuyé par sa mère Louise de Savoie qui fut éduquée par Anne de France (de Bourbon, de Beaujeu, Madame la Grande), de façon sévère et humiliante et le roi a subi l’humiliation, à Pavie. La mère et le fils veulent dépouiller Charles de Bourbon, par un procès dont l’analyse, sur le plan du droit pur, est, aujourd’hui, qualifié de mauvais et fallacieux. Voilà la raison qui conduit le prince souverain de Dombes à demander le soutien et la protection de Charles Quint. C’est pourquoi Charles III de Bourbon est qualifié de parangon de la traîtrise, par les historiens, à l’égard du roi de France. Cependant, l’histoire, étudiée depuis la terre de Dombes et Trévoux, démontre que le félon n’est autre que François Ier, aidé de sa mère, Louise de Savoie. Charles est tué lors du siège de Naples.

Louise de Savoie : cousine de Suzanne de Bourbon, gouverne de 1523 à 1531

Cette période est appelée "Occupation française" ou "interrègne". En effet, Louise de Savoie et François Ier ne détiennent la Principauté de Dombes que par un acte de justice du Parlement de Paris. Avec l’aide de son fils, Louise apaise sa rancune. Elle est la souveraine en titre. Elle ne fait qu’encaisser les droits attachés aux biens de Charles. C’est le roi de France qui organise la Principauté de Dombes et la considère comme indépendante et étrangère au royaume de France. Louise décède à Grez-sur-Loing.

François Ier : gouverne de 1531 à 1547

Il laisse à la Principauté de Dombes tous les droits et privilèges dont elle jouissait du temps des souverains précédents. Le Grand Conseil des ducs de Bourbon-Montpensier siégeant à Moulins est transformé en Parlement. Son siège devient Trévoux. Aucun édifice, en cette ville n’est digne de recevoir le monde de Justice. Les séances se tiennent en l’hôtel de Roanne, à Lyon, en territoire d’emprunt. Les décisions prises seront lues à Trévoux, dans la salle du bailliage de Dombes. Les parlementaires ont obligation de demeurer en la capitale de la principauté et de siéger à chaque séance. Ils font construire des hôtels résidentiels dignes de leur rang. En 1697, un terrain est acquis, un palais est édifié. Il est décoré par Paul Sevin, décorateur du Roi. En 1703, l’inauguration officielle a lieu en grande pompe : grand-messe en la Collégiale, puis séance extraordinaire dans la grande salle du Parlement. Le roi décède à Rambouillet.

De 1547 à 1560 deux rois de France se succèdent à la tête de la Principauté de Dombes : Henri II, de 1547 à 1559 et François II, de 1559 à 1560

Durant ces deux règnes, un seul événement marquant survient : François II restitue la Principauté de Dombes à Louis II de Bourbon-Montpensier, successeur et héritier du Connétable, Charles III.

Louis II : gouverne de 1560 à 1582

Il prend part à de nombreuses guerres contre Charles Quint. Il combat au siège de St Quentin où son cheval est tué sous lui. Il est fait prisonnier. Les guerres de religion révèlent son caractère opportuniste. Il est, dans un premier temps, favorable aux protestants, sous l’influence de son épouse, Jacqueline de Longwy. Puis, il change d’alliance pour servir ses intérêts et ses ambitions. Il devient un ardent adversaire des Huguenots et de la Réforme. Nommé gouverneur de Touraine et d’Anjou, il se montre d’une telle cruauté que ses propres capitaines en viennent à le haïr. En 1563, il reconquiert Angoulême et Cognac. En 1569, il participe à la bataille de Jarnac. Il est nommé gouverneur de Bretagne. Après le décès de son épouse Jacqueline, il se marie, en 1570, avec Catherine de Lorraine, sœur d’Henri le Balafré, duc de Guise et de Charles II, duc de Mayenne. Il approuve le massacre de la Saint Barthélemy. Il combat encore les protestants, en 1575, dans le Poitou, toujours de façon violente et féroce. Il meurt à Champigny.

François II : gouverne de 1582 à 1592

Il participe à de nombreuses batailles et commande les armées royales au décès de Charles IX. Lorsqu’en Flandres il accompagne le duc d’Anjou, son attitude lors de la reddition d’Anvers, est telle que lui et ses troupes ne sont l’objet d’aucune insulte. Il est envoyé en Angleterre pour arrêter les conventions de mariage entre le duc d’Anjou et la reine Elisabeth. Il combat avec force et détermination la Ligue formée par le duc de Guise. Il est le premier à reconnaître la légitimité successorale d’Henri IV au trône de France. Il meurt à Lisieux.

Henri : gouverne de 1592 à 1608

Il se distingue, très tôt, aux yeux du roi. En 1588, il est nommé gouverneur du Dauphiné. Il remet, dans l’obéissance du roi Henri IV, la Bretagne, après s’être rendu maître de grandes villes de ce pays et s’être assuré de la fidélité des autres. Le roi lui donne le gouvernement de Normandie. Avant la mort de son père François, il combat les Ligueurs et particulièrement le duc de Mercoeur. Henri est nommé gouverneur de Normandie et entreprend de reconquérir cette province pour le roi. En 1593, il est grièvement blessé au siège de Dreux. Il est très pieux. Il en donne des marques en rétablissant le service divin dans plusieurs églises de ses terres où les troubles l’avaient fait cesser. Il fonde les Minimes de Montmerle et leur donne son château pour établir leur monastère. Il confirme les privilèges de la Principauté. Il obtient d’Henri IV plusieurs déclarations en faveur des droits et exemptions applicables en Dombes. En 1598, il crée une charge de conseiller-clerc dans son Parlement. Il unit cette charge et l’affecte à la dignité de doyen de la Collégiale de Trévoux.
En Artois, il combat les Espagnols avec le roi,. En 1600, il participe à la campagne de Savoie. Il meurt à Paris.

Marie : gouverne de 1608 à 1627

Elle vient d’avoir trois ans et la voilà fiancée au duc d’Orléans, second fils d’Henri IV, encore plus jeune. Un contrat de mariage est rédigé qui stipule que Marie fait donation de tous ses biens à son enfant, son héritier ou à son époux, en cas de décès sans postérité. Durant sa minorité, elle est placée sous la tutelle de sa mère, puis sous celle du cardinal de Joyeuse, son grand-oncle. Le mariage a lieu. Le jeune duc meurt peu après. Le 6 août 1626, elle épouse Gaston d’Orléans, troisième fils d’Henri IV. Le 4 juin 1627, elle met au monde une fille, Anne-Marie-Louise. La souveraineté de Marie est cadencée en deux périodes : elle gouverne seule, puis s’affiche publiquement avec son époux à ses côtés. On en a pour preuve les pièces de monnaies frappées à Trévoux.

Anne-Marie-Louise : gouverne de 1627 à 1693

Dans un premier temps, Gaston assure la souveraineté, en tant qu’usufruitier, de 1627 à 1650.
Anne-Marie-Louise est la fille de Marie de Bourbon-Montpensier et de Gaston d’Orléans, frère du roi Louis XIII. Ainsi, elle est cousine germaine de Louis XIV. L’immensité de sa fortune lui vaut d’être, des cours d’Europe, le plus beau parti. Chacun de ses parents a régné sur La Dombes. Avec son père, elle participe à la Fronde. De la Bastille, elle fait tonner les canons contre les troupes de son royal cousin, commandées par le Grand Condé. Cela lui vaut une disgrâce. Elle se voit contrainte de se retirer en son château de Saint Fargeot où elle commence à écrire ses mémoires.
La Principauté rayonne de tous les atouts dont la princesse la dote : la frappe de monnaie devient une entreprise importante. Elle circule, au sein du royaume de France, en toute légalité. Toutes les Cours d’Europe possèdent des pièces de monnaies de Trévoux. L’orfèvrerie bat son plein. Fort recherchée, de par la qualité de fabrication et son coût inférieur à celui pratiqué dans le pays circonvoisin, elle s’exporte bien.
La déception de la souveraine est de n’avoir pu épouser son royal cousin !
Avec elle, en Principauté de Dombes, s’éteint la lignée de cette Maison. En effet, par un chantage organisé par Mme de Montespan, favorite de Louis XIV, Anne- Marie-Louise, cède la Dombes à Louis-Auguste, duc du Maine. La princesse souveraine de Dombes accède à cette demande pour faire libérer des geôles de Pignerol son futur mari, le Duc de Lauzun.
Un testament dûment rédigé et enregistré authentifie la décision prise. Elle meurt en son palais du Luxembourg, le 5 avril 1693.

Les ducs de Bourbon-Orléans

Louis-Auguste Ier : 1693 à 1736

Ainsi la souveraineté est acquise par le premier fils légitimé, enfant chéri du roi de France et de madame de Montespan, Louis Auguste duc du Maine, premier de ce nom.
Certes, pour ne pas déplaire à son père, il ne frappe pas monnaie. Cependant, il permet à la Principauté de rayonner, dans le monde, par l’orfèvrerie et l’imprimerie et par l’importance qu’il accorde au Parlement de Dombes. Il met fin au siège, en territoire d’emprunt, du Parlement de Dombes. En effet, la Justice dombiste est rendue à Lyon dans un hôtel situé à l’emplacement de la Cour d’Appel (hôtel de Roanne), sur les quais de la Saône. Et les arrêts sont lus, au Palais, à Trévoux. Durant la souveraineté du Duc du Maine, des ouvrages qui servent, encore aujourd’hui, de références aux linguistes et aux lexicographes contemporains sont édités : le "Dictionnaire de Trévoux" et le "Journal de Trévoux". Toutes les Cours d’Europe possèdent ces ouvrages et lisent, avec intérêt, les joutes épistolaires entre les encyclopédistes et les journalistes trévoltiens, sans oublier François Arouet dit Voltaire. Bien d’autres ouvrages, recherchés par les bibliophiles, sortent de l’imprimerie trévoltienne.
Le premier enfant du Duc du Maine, Louis-Constantin, ne vit que trois ans. Le cœur du premier héritier est placé dans une urne, en forme de cœur, exposée dans la collégiale de Trévoux où la population émue vient témoigner de son attachement et de son sentiment de compassion à son souverain. Au 19è siècle, le musée de Gadagne, à Lyon, s’enorgueillissait de posséder cette relique. En 1962, lors de l’exposition concernant l’histoire de la Principauté, dans le cadre des festivités célébrant le bicentenaire du rattachement de la Principauté de Dombes au Royaume de France, tenue à Trévoux, dans un des salons de l’hôtel de ville, l’urne ne peut être exposée : elle est introuvable.

Louis-Auguste II : gouverne de 1736 à 1755

Il est le second fils du duc du Maine. Il sert dans l’armée du Prince Eugène, contre les Turcs. Il prend part à la Guerre de Succession de Pologne et à celle d’Autriche. Il accède au grade de colonel général des Cent-Suisses et Grisons, en reconnaissance envers son père, puis à titre personnel. En 1751, sa mère, Anne-Louise, Bénédicte de Bourbon-Condé lui fait donation de la principauté d’Anet et du comté de Dreux. Louis-Auguste est mû par deux préoccupations. La première est de ne pas se faire remarquer par le roi. Ceci explique qu’il ne fréquente que très peu la Cour et qu’aucun fait marquant, concernant la Principauté de Dombes, ne survienne. La seconde consiste en l’accroissement de ses possessions. Pour assouvir son appétence, il s’installe au château d’Anet et procède à de nombreuses acquisitions foncières. Là, il fait construire une machine hydraulique pour amener l’eau de l’Eure dans ses jardins. Il assouvit sa passion de la chasse par de nombreux séjours à Eu. En 1755, lors d’un duel en forêt de Fontainebleau, il perd la vie.

Louis Charles : gouverne de 1755 à 1762

Il est le benjamin des fils du duc du Maine et hérite de tous les biens de son frère, Louis-Auguste. Il ne se marie pas et n’a pas de postérité. Il est Grand maître de l’artillerie, puis Colonel Général des Suisses et Grisons. Il fait de nombreux séjours à Anet dans son château, pour assouvir sa passion de la chasse. Victime des atteintes de l’age, il suit la chasse dans une petite voiture à roulettes.
En 1762, le souverain cède la Principauté à la France mais les privilèges fiscaux accordés avant le rattachement demeurent : l’imprimerie, les exemptions d’impôts, le tirage d’or et d’argent, l’affinage, l’argue et les us et coutumes.

La République française et la Principauté de Dombes

Une page exceptionnelle de l’Histoire de France et du Droit français est écrite avec l’Etat et le peuple de Dombes.
Les Dombistes sont contre le rattachement et le font savoir. Ils se doutent qu’ils vont perdre beaucoup sur le plan économique. "Le petit paradis fiscal" va disparaître. Les représentants du peuple, les députés obtiennent que l’Assemblée Nationale débatte à ce sujet. L’Etat est obligé de légiférer. En 1791, à la tribune de la Représentation Nationale, le rapporteur de la loi est le député Anjubault-Laroche qui déclare être contre le rattachement. Puis, faisant volte-face, il présente les avantages de la réunion des deux Etats. Les députés adoptent cette loi. Les privilèges fiscaux, en vigueur jusqu’alors, disparaissent définitivement.

André DUBUIS, Académicien de la Dombes

Espace privé - Contact - Plan du site - Mentions légales et crédits - Réalisation aglca multimédia